J'avais 3 ans et 3/3 lorsque la musique est entrée en moi
comme un souffle vivant.
J'étais alors sur les genoux de mon père
qui jouait du violon pour m'endormir.
La tête appuyée contre son coeur
je voyais le va-et-vient de son archet au-dessus de ma tête.
On aurait dit qu'il jetait un pont entre ciel et terre.
Sa musique était le troisième sein auquel je m'abreuvais.
Insatiable, je ne trouvais le sommeil
que lorsqu'il déposait son archet
et s'endormait avec moi.
La tête contre son coeur
je l'entendais encore vibrer
à la musique qui continuait d'allaiter son esprit.
À 3 ans avec Armand Duguay.
Et depuis
la musique a toujours été pour moi
l'art de respirer la beauté du monde.
Lors de la remise des Prix du Conseil québécois de la musique
Usine C, 25 novembre 2001
Présentation du prix pour le meilleur concert
(musiques électroacoustique et contemporaine)
"Raôul! ferme ta gueule, pis chante!"
La Bittt à Tibi au Métropolis au Show du Refuge en 2003.
Terre des Hommes en 1967.
En spectacle à La Fête de l'eau, à Venise-en-Québec pour Eau Secours! intervenant pour sauver de la pollution le lac Champlain.
Au piano à Oka. Spectacle organisé par Eau Secours! en 2003 pour appuyer le Comité de citoyens en lutte contre la mine de niobium d'Oka.
Ce n'est pas d'aujourd'hui que je suis un moulin à paroles. Enfant, sur les bancs de l'église, je chuchotais tout le temps quelque chose à quelqu'un. Et mon père me disait : «
Raôul! mon petit vlimeux, ferme ta bouche et puis écoute comme c'est beau! » C'est pourquoi la musique pour moi, c'est d'abord des silences enrobés de sons. Chaque fois que j'écoutais la chorale chanter
Adeste fideles à la messe de minuit à Noël, j'étais littéralement enchanté. C'est en portant une attention précise à la variété des couleurs des voix de basse, de baryton, de ténor, d'alto et de soprano, que j'ai compris combien la voix est le plus beau des instruments de musique. Je ne connaissais rien à la mélodie ni à l'harmonie, mais celles des voix que j'entendais me semblaient célestes. Certaines voix avaient et ont encore sur moi un pouvoir magique, hypnotique. Il en est de même lorsqu'un rythme monte dans mes jambes et m'enlève du sol dans un envol dansant.
J'ai commencé de chanter à l'âge de 9 ans. À Dalhousie, au Nouveau-Brunswick, pays natal de ma mère, j'avais gagné un concours d'amateurs en chantant
La bonne aventure au gué! et
C'était un p'tit jeune vieux, chanson dont j'avais composé les paroles sur un air traditionnel. En fait, j'ai commencé de chanter vraiment en tant que soliste dans la chorale de l'orphelinat Saint-Joseph-de-la-Délivrance à Lévis. Chanter me délivrait effectivement de ma solitude forcée. Puis, j'ai chanté dans des concours d'amateurs, dans des soirées familiales, dans des boîtes de nuit, dans des tavernes. Et puis, en plus de chanter, j'ai toujours aimé jouer de la trompette et du fluguelhorn. Adolescent, ce qui m'impressionnait le plus dans la vie sociale, c'était la parade des fanfares. Je suivais toutes les parades où il y en avait. Je m'approchais des cloches des cuivres et j'éclatais de joie en même temps que la musique qui en sortait. Je suis donc entré dans le corps de clairons de mon école et me suis mis à faire partie de la parade.
Mais revenons à nos moutons! C'est dans un récital de poésie à l'Université de Montréal que s'est fait pour moi le passage entre poésie et musique. Je récitais un long poème, accompagné par la musique de Miles Davis, mon idole trompettiste, et je me suis mis à improviser vocalement, à faire des mélodies dans mon texte. En cela, je me distinguais de tous les autres poètes.
Un jour, il y a de cela au moins 33 ans, alors que je récitais un long poème en spectacle, j'entends une voix me crier :
« Raôul! Ferme ta gueule pis chante! » De manière vraiment générale, personne ne me dit de me taire quand je parle. Cette fois-là, après l'apostrophe du fan invétéré réclamant d'une voix glauque et tonitruante, que le poète se taise et que le chanteur chante, je lui ai répondu :
« Si je comprends bien, tu ne m'aimes que lorsque je chante! Mais quand je chante, je chante ma poésie! Et là, je ne te comprends plus! Car, si tu enlèves de mes chansons le texte poétique et la pensée qui l'enrobe, il ne me reste plus qu'à faire des babebibobu turlututu prouttt prouttt gningningnin! » Et le gars de crier :
« Exactement! Gazouille Raôul! On veut pas savoir ce que tu as à dire, on veut t'entendre faire tes élucubrations vocales. Ça, ça swing! Ça, c'est de la musique! » Estomaqué, j'étais bouche bée! Suivit un long silence qui retentit dans la salle où la foule s'entendait penser! Ne pouvant supporter ce silence, le gars en question sortit en douce.
Bien sûr, quand je fais le flacotement bilatéral de mes babines, c'est bucalement étonnant et joyeutalement le fonne, mais outre cela, chanter est un art que les mots eux-mêmes m'ont appris. Ce qui sort de ma bouche, c'est parfois le parfum de la fleur de vivre et parfois l'odeur de la poudre d'une bombe à retardement qui demandait à éclater dans mon coeur. Je chante parce que chanter me rend pleinement conscient de mon être et parce que c'est souvent en chantant que passe ma philosophie de la vie.
Le violon d'Armand
J'avais trois heures
J'étais encore ailleurs
Pour la première fois
Elle est entrée en moi
Comme la pluie dans la terre
Dans la nuit la lumière
Comme le poisson dans l'eau
Et dans le ciel l'oiseau
La musique la musique la musique
J'avais trois jours
Je tétais le lait de ma mère
Et un peu plus chaque jour
Celui de la musique de mon père
Il y avait dans sa musique
Quelque chose de magique
L'écho des eaux d'en haut
Et celui du ruisseau
La musique la musique la musique
J'avais trois ans
Sur les genoux d'Armand mon père
La tête contre son coeur
Des oreilles je buvais le bonheur
Sur son violon l'archet
Allait et puis venait
Ses berceuses étaient belles
Je voyais des arcs-en-ciel
Et ma mère nous trouvait
Endormis tous les deux
Dans les bras de l'amour
De la musique tout le tour
La musique la musique la musique
C'est de la pluie c'est du soleil
La musique la musique la musique
C'est beau ça fait des arcs-en-ciel
La musique la musique la musique
C'est un pont entre les pays
Entre les humains c'est l'harmonie
C'est de la pluie une pluie de soleil
Paroles et musique : Raôul Duguay
2004-01-07 22:59:09
Événements en chansons
N.B. - Aller à la section Éphémérides pour consulter tous les événements.
Le Beat à Ti-bi, collaboration intergénérationnelle de l'heure- En spectacle, le 27 janvier 2007, Raôul Duguay chantait Le Beat à Ti-Bi avec Anodajay au Petit Théâtre de Rouyn-Noranda lors de la 11e édition des événements Hip Hop Dépendant (affiche). Autres artistes : Treizième Étage (Sans Pression), Koriass et artistes locaux.
- Le 11 février 2007, le Café Campus (affiche) rendra hommage à Raôul Duguay dans le cadre des Dimanches francophones. Pour l'occasion, Anodajay et Raôul Duguay chanteront Le beat à Ti-Bi et projetteront leur vidéoclip. C'est à 20 h et gratuit.
« Parmi les autres moments forts, soulignons le concert gratuit mettant en vedette Fred Fortin (formule solo) au Petit Campus, alors que Raôul Duguay et Anodajay viendront chanter Le Beat à Tibi- version 2007 de La bittt à Tibi, devenue le thème officieux des célèbres Dimanches francophones. "Il fallait qu'on les invite puisque les gens trashent chaque semaine sur La bittt à Tibi", disait Geneviève Boyer, responsable de la programmation du 40e anniversaire. »
Philippe Renaud, Des concerts pour les 40 ans du Café Campus, dans Cyberpresse
- « Le Beat à Tibi, la nouvelle version hip-hop du classique la Bitt à Ti-bi de Râoul Duguay, demeure un des vidéo-clips les plus en demande de l’heure au Québec. » Marie-Claude Paradis-Desfossés, Le Beat à Ti-bi connaît un succès monstre, dans L'écho abitibien.
- À Belle et Bum (Télé-Québec), spécial du 30 décembre, Raôul Duguay et Anodajay ont interprété Le Beat à Ti-Bi. Raôul y a également joué du fluguelhorn en duo avec Fafoui.
- À Musique Plus, WOW! Le vidéo-clip Le Beat à Ti-Bi avec Raôul Duguay et Anodajay s'est hissé au sommet du TOP 5 Franco.
- Au palmarès de l'ADISQ : le Beat à Ti-Bi, succès de la semaine francophone (première semaine d'octobre)!
- À la CBC-Radio-Canada : le Beat à Ti-Bi au 4ième rang du palmarès des chansons les plus jouées à Radio-Canada pour le mois d'août.
- À Radio-Énergie : suite aux excellentes réactions suscitées par la collaboration intergénérationnelle de l'heure au Québec, il est maintenant possible d'entendre Le Beat à Ti-Bi sur les ondes de Radio-Énergie, surtout en soirée; plus la chanson fera l'objet de demandes spéciales plus elle sera diffusée aux heures de grande écoute partout à travers la province.
- Sur YouTube, on peut visionner le vidéoclip et trois captations vidéo d'Anodajay interprétant le Beat à Ti-Bi avec Raôul Duguay :
- lors d'un spectacle des Francofolies;
- à l'émission Bons baisers de France (SRC);
- à l'émission Belle et Bum (Télé-Québec).
Un premier disque signé MarimuZe
Raôul Duguay ne manque jamais de partager son expertise avec de jeunes auteurs compositeurs talentueux et déterminés. C'est ainsi qu'il a conçu et participé à la mise en scène de plusieurs spectacles de MarimuZe. MarimuZe, c'est la pianiste Marie-Josée Choquette, dont les compositions musicales sont maintenant regroupées sur un premier disque qualifié de 'cinématographique', qu'elle a baptisé
Ezperanto. Raôul Duguay avec son fluguelhorn et sa voix fait partie des musiciens qui l'accompagnent dans ses compositions écrites dans « une langue musicale universelle que tout le monde peut comprendre, explique MarimuZe. C'est une musique qui va sortir des frontières et se promener partout ». (Citation :
La Voix de l'Est)
Mosaïcultures internationales Shangai 2006
Témoignage de Julie Boucher, au nom des Mosaïcultures Internationales de Montréal, de la ville de Montréal et de la province de Québec. Dans un courriel remerciant Raôul Duguay d'avoir permis la présentation (
avec d'autres oeuvres musicales québécoises) d'une partie de la chanson
La Bittt à Tibi pour compléter
l'oeuvre de Montréal aux Mosaïcultures Internationales Shanghai 2006, laquelle a remporté le
Grand Prix d'honneur de la compétition
« J'aimerais enfin vous laisser savoir que les Chinois ont plus qu'apprécié l'écoute de la Bittt à Tibi et que les Québécois de passage à Shanghai qui ont eu l'occasion d'entendre votre oeuvre, nous ont dit qu'ils se sentaient presque à la maison! »
40e anniversaire du Café Campus
Témoignage de Martin Francoeur, dans une entrevue avec Raôul pour un documentaire à l'occasion du 40e anniversaire en 2007 du
Café Campus :
« Une chose à souligner au Café-Campus, c'est aussi le fait que le plus gros hit en français au campus depuis des décennies, c'est ta chanson, La Bittt à Tibi. J'étais au Campus dimanche passé, et la piste de danse était pleine, ça dansait, ça chantait, ça fêtait sur du Raôul Duguay. »
CV de Raôul Duguay, le chanteur